Je ne l’attendais pas. Je montais sans trop penser, perdu dans le souffle de l’effort et le bruit du vent. Et puis il était là. Un bouquetin, seul, posé sur la pierre comme s’il m’attendait. Immense et calme. J’ai eu un coup au cœur. Pas de peur, non. Plutôt un silence intérieur. Comme si quelque chose en moi s’arrêtait.
On s’est regardés. Longtemps. Il n’a pas bougé. Et moi non plus. Dans ses yeux, j’ai cru voir quelque chose d’ancien, de plus grand que moi. Pas de jugement, pas de peur. Juste une présence. Simple. Entière.
Je me suis senti vulnérable, presque transparent. Comme s’il voyait à travers moi. Et en même temps, j’étais là, pleinement, vivant, à ma place. Pas besoin de mots. Pas besoin d’expliquer. C’était juste un instant vrai.
Puis il a tourné la tête, doucement, et il est parti. Tranquille. J’ai senti un vide en moi, mais aussi une paix que je n’avais pas connue depuis longtemps.
Je ne sais pas ce qu’il m’a laissé. Peut-être juste ça : le sentiment d’avoir été vu, vraiment. Par un être libre, qui ne demande rien. Et c’est peut-être ça, la plus belle des rencontres.
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